Des militantEs LGBT arrêtéEs devant
l'Elysée :
La France ne reconnaît toujours pas la
Journée mondiale de lutte contre l'homophobie
A l'occasion de la Journée mondiale de
lutte contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie, Act Up-Paris et le
comité IDAHO ont effectué cet après-midi un die-in devant l'Elysée, pour
dénoncer la non-reconnaissance de cette journée par la France. Chaque activiste,
vêtu de noir, portait le nom d'un pays pénalisant l'homosexualité. Une quinzaine
de militantEs ont été interpelléEs. Elles et ils sortent petit à petit du
commissariat du 8ème arrondissement.
Pourtant demain, le comité IDAHO doit rencontrer
Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. En effet, malgré de
nombreux courriers adressés à l'Elysée et Matignon, quelques entretiens peu
concluants, et ce depuis des années, Nicolas Sarkozy refuse toujours de
reconnaître officiellement la journée mondiale de lutte contre l'homophobie,
alors que celle-ci est officiellement reconnue par le Costa-Rica, le Mexique, le
Royaume-Uni, la Belgique, le Parlement européen, etc.
Pour la France, la vie d'un pédé ne vaut
rien !
En 2008, plus de 70 pays pénalisent encore l'homosexualité,
et elle est passible de la peine de mort dans une dizaine d'entre eux. C'est
pourquoi un appel international a été lancé pour une dépénalisation universelle
de l'homosexualité. Ce texte a été signé par plusieurs prix Nobel (Mgr Desmond
Tutu, ), plusieurs artistes ou intellectuels de renom (Meryl Streep, Elton John,
Noam Chomsky, Judith Butler), et plusieurs membres de l'actuel gouvernement
(Roselyne Bachelot, Yves Jégo). Or, jusqu'ici, Nicolas Sarkozy refuse de
soutenir ce combat auprès des instances internationales.
Quant à la France,
il n'est pas inutile de le rappeler, les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi
et trans) ne bénéficient pas d'une égalité des droits sur le plan juridique par
rapport aux hétérosexuelLEs. L'homophobie, la lesbophobie et la transphobie, qui
sont loin d'y avoir disparues, ne sont combattues qu'avec parcimonie par les
institutions, alors que de réels moyens devraient être mis en oeuvre
!
Pour la France, la vie d'une lesbienne ne
vaut rien !
En dépit de beaux discours en faveur du respect des
droits humains à travers le monde, la France continue de refuser l'asile à des
demandeurs LGBT qui ont dû fuir leur pays à la suite des persécutions subies en
raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, et ce malgré
ce que prévoit la Convention de Genève de 1951, qui garantit ce droit aux
réfugiés.
Ne pas reconnaître la journée mondiale de
lutte contre l'homophobie, c'est nier la réalité des persécutions subies, c'est
cautionner les exactions commises, et leurs nombreuses conséquences, en termes
de santé et de discriminations. En effet, dans de nombreux pays,
l'homophobie institutionnelle et omni-présente rend purement impossible toute
prévention du VIH/sida et des autres IST.