Avis des médecins suisses sur la transmission du VIH : cherchez l'erreur
Lla Commission Fédérale pour les problèmes liés au Sida (CFS) suisse doit annoncer dans qu' « une personne suivant un traitement antirétroviral avec une virémie entièrement supprimée[1] ne transmet pas le VIH par voie sexuelle ».
30/01/2008 C.P. ACT UP PARIS
Communiqué de presse - 29 janvier
2008
Avis des médecins suisses sur la
transmission du VIH : cherchez l'erreur
Sur la base
d'une synthèse de données disponibles depuis quelques années, la Commission
Fédérale pour les problèmes liés au Sida (CFS) suisse doit annoncer dans le
Bulletin des médecins suisses du 30 janvier 2008 qu' « une personne suivant un
traitement antirétroviral avec une virémie entièrement supprimée[1] ne transmet
pas le VIH par voie sexuelle ».
Dans le cas où cette nouvelle serait confirmée, elle aurait des
conséquences importantes pour les personnes séropositives et leurs partenaires
sérodifférentEs ainsi que sur les politiques de prévention. Toutefois, la CFS
précise que son affirmation ne remet pas en cause la stratégie de prévention
appliquée en Suisse.
L'avis émis par la commission suisse concerne
seulement le cadre très restrictif de couples sérodifférents, hétérosexuels
stables où la personne séropositive a une observance parfaite de son traitement,
une charge virale (mesure de la quantité de virus dans le sang) en dessous du
seuil de détectabilité depuis au moins six mois, une absence d'Infections
Sexuellement Transmissibles (IST), ce qui suppose une absence totale de
relations extraconjugales.
Cette annonce qui porte sur les couples
sérodifférents ne concerne donc pas les 40% de malades sous traitement ayant une
charge virale résiduelle malgré une bonne observance du traitement, et les 20%
de séropositifs sans traitements. Elle n'est pas non plus applicable à la
situation des homosexuels et aux rapports anaux en l'absence de données sur
cette question ou dans cette population.
La CFS reconnaît elle-même que «
d'un point de vue strictement scientifique, les éléments médicaux et biologiques
disponibles à l'heure actuelle ne prouvent pas qu'[une charge virale
indétectable] empêche toute infection au VIH ».
On peut s'étonner que des
médecins suisses aient choisi de faire cette annonce sans attendre les résultats
d'une large étude de cohorte en cours visant à documenter la transmission
sexuelle du VIH sous traitement efficace dans des pays
occidentaux.
Act Up-Paris
met en garde contre le danger que feraient courir les discours imprudents,
triomphalistes ou désinvoltes qui donneraient une interprétation des
déclarations du CFS hors du cadre précis qu'elles définissent ou qui
négligeraient d'en préciser ce cadre.
Act Up-Paris exhorte les chercheurs
qui travaillent sur cette question à publier des données
complémentaires.
Act Up-Paris attend du groupe d'experts français qu'il
rende des conclusions tranchées sur le risque de transmission des personnes sous
traitement dans l'édition 2008 du rapport sur la prise en charge médicale des
personnes infectées par le VIH.
[1] Dont la
charge virale est indétectable dans le
sang