Communiqué de presse Act Up-Paris, Aides, Sidaction - mardi 5 février
2008
Sénégal :
Libération immédiate
des prisonniers gays
et abolition des lois contre les homosexuels
Les associations françaises
AIDES, SIDACTION et ACT UP-Paris dénoncent l'arrestation de militants gays
notamment de la lutte contre le sida, actuellement emprisonnés à Dakar où selon
nos sources, ils subissent de graves violences policières.
Le média
Internet sénégalais Nettali a relaté hier lundi 4 février l'arrestation de 7
homosexuels durant le week-end. D'après l'article de Nettali, les arrestations
feraient suite à la parution dans le dernier numéro du magazine Icône (février
2008), d'un dossier spécial consacré à la pratique de l'homosexualité au
Sénégal. Nettali indique que le dossier comportait de nombreuses photos prises
lors d'un rassemblement festif homosexuel en 2007.
Les arrestations se
poursuivent, actuellement il semblerait que 10 personnes au moins soient
emprisonnées. Parmi les personnes recherchées figurent des participants à
l'atelier organisé par AIDES à Bamako sur le thème des pratiques homosexuelles
entre hommes et de la prévention du VIH/sida en Afrique, du 28 janvier au 1er
février 2008.
Les organismes internationaux, notamment le Fonds Mondial
de lutte contre le sida, financent, à la demande des autorités de santé
sénégalaises, des programmes de prévention auprès des communautés gay au
Sénégal. Les associations dénoncent le comportement schizophrène du Sénégal qui
accepte ces financements reconnaissant ainsi l'existence de pratiques
homosexuelles et qui, dans le même temps, réprime violemment les gays
sénégalais.
Au Sénégal, la prévalence du VIH/sida est de 21,5% dans la
communauté gay contre 0,7% pour la population générale (1). Comme souligné par
la communauté internationale de lutte contre le sida depuis des années, il est
impossible d'envisager une politique de santé publique efficace dans des
conditions de répression des droits des individus. Le Code Pénal sénégalais
réprime la 'relation contre-nature avec un individu de même sexe' qui est
passible de un à cinq ans de prison ferme et de 100 000 (environ 150 euros) à 1
million de francs CFA (1 500 euros) d'amende.
Au nom des droits humains et de la santé publique, les
associations AIDES, SIDACTION et ACT UP-Paris demandent la libération IMMEDIATE
des prisonniers et la réforme du Code Pénal sénégalais afin d'abolir les lois
contre les homosexuels et de mieux lutter contre le sida.
(1)
Source: Rapport ONUSIDA 2006