Aujourd'hui 20 février 2008, des militantEs d'Act Up-Paris
ont manifesté devant l'ambassade du Cameroun à Paris, en solidarité avec les
malades du sida camerounaiSEs qui manifestent pacifiquement à Yaoundé. Nous
protestons contre la décision des autorités camerounaises de priver d'examens
biologiques les malades du sida dans ce pays. Sans examens biologiques, il est
impossible d'assurer l'efficacité du traitement anti-sida. Act Up-Paris rejoint
le Mouvement Camerounais Pour l'Accès au Traitement (MoCPAT) et appelle
publiquement le ministre de la Santé camerounais, M. Mamafouda, à annuler
d'urgence cette décision meurtrière et irresponsable.
La décision de stopper l'accès aux examens biologiques au Cameroun a été
diffusée le 8 janvier 2008 par le Conseil National de Lutte contre le Sida
(CNLS) à travers une circulaire ordonnant le dé-subventionnement des bilans VIH
(1).
Les malades vont ainsi devoir débourser pour un bilan sanguin 21 000
CFA (l'équivalent de 32 euros), au lieu de 3000 CFA auparavant. Or, 80% des
malades Camerounais ont moins de 30 euros par mois pour vivre. Arrêter de
subventionner, c'est donc arrêter l'accès aux examens biologiques.
Cette décision met les malades camerounaiSEs en danger de mort. En effet, les
examens biologiques permettent aux professionnelLEs de santé de se rendre compte
à l'avance lorsqu'unE patientE qui a l'air « normal » est en réalité sur le
point de mourir, ou de tomber très gravement malade. En anticipant le problème
grâce aux examens biologiques, les soignantEs peuvent alors intervenir avant la
catastrophe, et sauver leur patientE. Sans examens biologiques, touTEs ces
malades meurent alors que leur vie pourrait facilement être sauvée.
Nous
rappelons que le Fonds mondial sida-tuberculose-paludisme est prêt à financer
les examens biologiques VIH au Cameroun. Nous exigeons que le Ministre
camerounais de la Santé confirme publiquement que les examens biologiques seront
rapidement accessibles gratuitement.