Les parlementaires abandonnent les malades
Malgré les inquiétudes exprimées par les associations de malades, malgré l'opposition de 70 % des Français, les sénateurs de la majorité présidentielle ont approuvé les nouvelles franchises médicales.
19/11/2007 C.P. COMMUN AIDES / ACT UP PARIS

Les parlementaires abandonnent les malades

Communiqué de presse - vendredi 16 novembre

Malgré les inquiétudes exprimées par les associations de malades, malgré l'opposition de 70 % des Français, les sénateurs de la majorité présidentielle ont approuvé les nouvelles franchises médicales.

Il nous en coûtera donc 50 euros de plus pour accéder aux soins, 50 euros qui pèsent lourds sur le budget des malades et qui s'ajoutent aux 50 euros du plafond du forfait à 1 euros sur les consultations.

Après les députés, les sénateurs ont donc choisi de remettre en cause le caractère solidaire de la sécurité sociale.

Ils ont entériné une mesure qui définit les malades comme coupables : coupables d'être malades, coupables de n'avoir d'autres choix que de se soigner. Ils ont fait leur ce qui semble être le slogan du gouvernement en matière de politique de Santé : Plus on est malade, plus on doit payer.

C'est un jour noir pour tous les malades et une étape supplémentaire dans la remise en cause de la prise en charge à 100% des personnes atteintes d'affections de longue durée (ALD).

Parmi les personnes en ALD, nombreuses sont celles qui, en raison de leur pathologie, voient leur capacité de travail réduite et qui perçoivent dès lors comme unique revenu une pension d'invalidité, l'allocation aux adultes handicapés (c'est le cas de 25 % des personnes séropositives) ou selon l'âge, le minimum vieillesse. Le reste à charge de ces personnes est déjà de plusieurs centaines d'euros par an. Le Sénat vient d'y ajouter 50 euros.

Bon nombre de nos concitoyens, en raison de leur situation financière précaire, retardent déjà des soins nécessaires. Les nouvelles franchises vont amplifier ce phénomène et entraîner de graves conséquences en termes de santé publique. C'est ce que nous comptons bien montrer à l'occasion du grand débat sur le financement de la santé annoncé par Nicolas Sarkozy pour le premier semestre 2008. Mais l'adoption des franchises nous laisse craindre que ce grand débat national ne consiste pour Nicolas Sarkozy qu'à faire disparaître purement et simplement la protection des plus malades et de remettre en cause le caractère solidaire de notre système de sécurité sociale.


 








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