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Contre
la xénophobie, le racisme, le sexisme et l'homophobie
SIDA
INFO SERVICE manifestera le 1er mai
et
appelle à un vote pour sauver la démocratie le 5
mai.
Au delà
du choc qu'inspire la « qualification » du candidat Jean-Marie Le Pen
pour le second tour, SIDA INFO SERVICE, association militante de santé publique
dans les domaines du sida, des hépatites, de la santé sexuelle et de droits des
personnes, n'oublie pas que, derrière l'image respectable que Jean Marie Le Pen
tente de donner depuis quelques mois, se cache une inquiétante machine politique
et idéologique : le Front National.
Bien
plus qu'un simple parti politique, le Front National constitue un réseau
puissant de structures et de groupes d'influence ayant une vision de notre
société qui s'oppose en tout point à l'action d'aide et de soutien que nous
menons au téléphone, dans le non-jugement, dans le but de promouvoir les droits
et de faire de chacune et chacun, des acteurs à part entière de leur
santé :
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Le
Front National considère qu'il existe une inégalité naturelle entre les
sexes et considère la femme
uniquement comme « génitrice et compagne de cour de l'homme (.) [ayant
pour] finalité principale et fonction naturelle : la maternité »[1] (J.M. Le Pen,
1988). Ce rôle de ventre reproductif est pivot puisqu'il faut, pour enrayer
le supposé déclin de la France, faire « des bébés français avec des
Françaises » (M.F. Stirbois et M de Rostolan, 1990). Dans ce
contexte, le Front National est farouchement opposé à la contraception puisque
la pilule représente une véritable « bombe atomique pour rayer un peuple de
la terre » (J.M. Le Pen, 1995) et supprimera le droit à
l'avortement (Programme présidentiel, 2002).
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Le
Front National ne saurait tolérer les gays, ces « pervers qui ne vivent que
par eux-mêmes et par leur plaisir » (Jeune Nation, 1995) et les
lesbiennes « créatures féminoïdes offrant toutes les tares, de la féminité
à celles de la virilité » (Jeune Nation, 1995). En conséquence,
niant tous droits pour les gays et les lesbiennes, il se bat pour
l'abrogation du PACs (Programme présidentiel,
2002).
q
Dans la
logique du Front National, le sida apparaît au final comme une juste punition
puisque « Le Sida ne touche de nos jours que les marginaux. Les français
qui ont une vie sexuelle normale ont autant de risque d'attraper le Sida que de
gagner au loto » (Bulletin du Cercle National Femmes d'Europe,
1996). Le Front National ne craint par ailleurs pas ces propres
contradictions puisqu'en 1987 « le sidaïque [était] contagieux par sa
transpiration, ses larmes, sa salive et son contact. » (J'ai tout
compris, 1987). De manière,
plus large, les maladies sexuellement transmissibles sont, pour le Front
National, le fait des immigrés porteurs de la blennorragie (J.M. Le Pen,
1984) et de la syphilis (J.M. Le Pen, 1988). Il propose
aujourd'hui d'instaurer « une protection sanitaire aux frontières, dans une
démarche de prévention » (Journal de la Démocratie Sanitaire, 2002).
Sexiste,
homophobe et raciste, opposé à ce que les hommes et les femmes disposent de leur
corps, convaincu que la procréation est l'unique finalité de la sexualité,
considérant les malades comme autant de coupables, voilà le vrai visage de Front
National.
SIDA
INFO SERVICE,
association de lutte contre le sida, appelle l'ensemble de nos
concitoyens :
[1] L'ensemble des citations sont issue du travail documentaire mené par l'association Ras le Front et sont consultables sur www.raslfront.org.