Avis de tempête sur la prévention chez les gays
A quelques jours de la Marche des Fiertés LGBT
parisienne, alors même que le Sida a été déclaré Grande Cause Nationale en 2005,
les dernières données du numéro vert de Sida Info Service indiquent une forte
augmentation des prises de risque chez les gays
Sida Info
Service a choisi cette année le slogan « Avis de tempête, sortez couverts » pour
son char lors de la Marche parisienne des Fiertés qui a lieu samedi 25 juin.
Cette alerte correspond à la situation actuelle d'une dégradation continue de la
prévention en milieu gay que confirme l'analyse des appels à Sida Info Service
en 2004.
Le dispositif téléphonique anonyme, confidentiel et gratuit(1)
de Sida Info Service (0 800 840 800) a reçu l'an passé près de 10 000 appels de
gays, dont les ¾ ont entre 20 et 39 ans. Pour la quatrième année consécutive, la
proportion d'appelants évoquant une prise de risque effective progresse passant
de 43% en 2000 à 58,5% en 2004 avec une accélération entre 2003 et 2004 (passant
de 47,7% à 58,5%).
A fortiori, la proportion d'appelants évoquant une prise
de risques majeurs effective (pénétration anale non protégée ou accident de
préservatifs) bat aussi les records antérieures s'établissant à 24,1% des
appelants (contre 17,5% en 2000). Ici encore la plus forte progression a eu lieu
entre 2003 et 2004 (passage de 20,4% à 24,1%). En valeur absolue, c'est une
progression de plus de 36% de prises de risques majeurs rapportées sur le numéro
vert.
Une augmentation constante des nouvelles
séropositivités
Conséquence directe de cet état de fait, la croissance
importante du nombre d'appelants gays déclarant connaître leur séropositivité
depuis moins d'un mois : ils représentaient 20,2% des appels de gays
séropositifs en 2000, ils sont aujourd'hui 27,5%, soit une croissance en
effectif de près d'un tiers.
Dans ce contexte, Sida Info Service en
appelle à un électrochoc salutaire en se mobilisant autour de la lutte contre le
sida à l'occasion de la Marche des Fiertés. La contamination par le VIH ne
saurait être une fatalité pour les gays. Il est nécessaire qu'une mobilisation
globale et unitaire des acteurs communautaires empêche la reproduction de
l'épidémie.